3 Monstres et créatures du folklore breton

Le folklore breton comporte de nombreuses créatures. Nous connaissons souvent les plus célèbres, les korrigans, les fées et les sirènes, cependant il existe une variété bien plus grande de monstres issus du folklore breton. Voici 3 exemples de monstres issus du folklore breton que vous ne souhaiteriez pas rencontrer.

L’ANKOU : LA FAUCHEUSE BRETONNE

L’Ankou est l’oberour ar maro (l’ouvrier de la mort).Le dernier mort de l’année, dans chaque pays traditionnel, devient l’Ankou de ce pays pour l’année suivante. L’Ankou, contrairement à la Faucheuse, n’est donc pas une entité unique, il y a plusieurs Ankou partout en Bretagne et qui changent chaque année. Ils ne sont que des revenants qui étaient un jour humains.

Lorsqu’il y a beaucoup de morts dans l’année on dit que l’Ankou est particulièrement méchant. On croit que l’Ankou fauche plus volontier des personnes ayant l’âge auquel il est décédé. Ainsi lorsqu’un enfant est le dernier mort de l’année on s’attend à ce que les enfants soient particulièrement touchés l’année suivante. 

On dépeint l’Ankou, tantôt comme un homme très grand et très maigre, les cheveux longs et blancs, la figure ombragée d’un large feutre ; tantôt sous la forme d’un squelette drapé d’un linceul, et dont la tête vire sans cesse au haut de la colonne vertébrale, ainsi qu’une girouette autour de sa tige de fer, afin qu’il puisse embrasser d’un seul coup d’œil toute la région qu’il a mission de parcourir.

Dans l’un et l’autre cas, il tient à la main une faux. Celle-ci diffère des faux ordinaires, en ce qu’elle a le tranchant tourné en dehors. Aussi l’Ankou ne la ramène-t-il pas à lui, quand il fauche ; contrairement à ce que font les faucheurs de foin et les moissonneurs de blé, il la lance en avant. Cela marque une différence avec la faucheuse qui peut faucher un grand nombre de personnes à la fois tandis que l’Ankou ne prend qu’une âme à la fois.

LAVANDIÈRES DE NUIT

Aussi appelées en français les Lavandières de Nuit, cette croyance se retrouve un peut partout en Europe, particulièrement dans les pays de tradition celtique comme l’Irlande ou l’Ecosse. Il n’est donc pas étonnant de retrouver des croyances similaires en Bretagne.

Dans presque chaque bourgs par lesquels on peut passer en Bretagne, on peut retrouver un ancien lavoir, plus ou moins proche des habitations. Si ces endroits sont souvent vides en pleine journée, ce n’est pas le cas la nuit. On peut y faire la rencontre d’une ou de plusieurs femmes vêtues avec les habits du pays, lavant leur linge dans l’eau. Elles demanderont alors de l’aide à qui s’approchera un peu trop. Si la personne accepte, elle découvrira assez vite que les draps et l’eau sont gorgées de sang, les revenantes attrapent alors le malheureux et le tordent comme un linge, lui brisant les os. Le corps désarticulé et tordu sera retrouvé le lendemain matin flottant dans le lavoir.

Il ne faut cependant pas croire que de refuser de leur apporter de l’aide vous sauvera car le sort qui vous est réservé restera à peu près le même si elles vous attrapent…

Les légendes sont souvent associée à des pêchés liés à la religion catholique. Ainsi les lavandières de nuit sont souvent des âmes damnées, effectuant leur pénitence pour l’éternité sur terre ou un prétexte pour décourager les fidèles de s’aventurer dehors la nuit et de travailler lors d’une période de repos.

Selon George Sand, les lavandières de nuit sont des mères qui sont maudites pour avoir tué leurs enfants :

« Les véritables lavandières sont les âmes des mères infanticides. Elles battent et tordent incessamment quelque objet qui ressemble à du linge mouillé, mais qui, vu de près, n’est qu’un cadavre d’enfant. Chacune a le sien ou les siens, si elle a été plusieurs fois criminelle. Il faut se garder de les observer ou de les déranger ; car, eussiez-vous six pieds de haut et des muscles en proportion, elles vous saisiraient, vous battraient dans l’eau et vous tordraient ni plus ni moins qu’une paire de bas. »

L’HOPER-NOZ : L’APPELEUR DE NUIT

L’Hoper-Noz est une créature que l’on peut exclusivement rencontrer dans les landes de Breizh-Izel (Basse-Bretagne). Lorsqu’on se promène la nuit, on peut entendre des cris des « hou-hou » ou parfois des voix qui appellent à l’aide.

Le premier cris est toujours très lointain, si le promeneur décide de lui répondre, alors l’Hoper Noz fera un bond immense de plusieurs lieue, se rapprochant de moitié de la distance qui le séparait de sa victime. Il criera une seconde fois, et si on lui répond à nouveau, il fera également un bond le rapprochant de moitié de la distance qui vous sépare. A partir de ce moment-là, on peut l’appercevoir, une silhouette noire dans l’obscurité qui se tient à quelques mètres de vous. Il essayera à nouveau de bondir

Après deux réponses, l’Hoper-Noz se trouve dangereusement proche. Sa forme obscure se dessine dans la pénombre, prête à bondir une dernière fois. La légende ne précise pas ce qui arrive à ceux qui osent répondre une troisième fois

Il existe une version de l’Hoper-Noz spécifique aux plages de Cornouaille, on appelle celui-ci Iannic-an-ôd.

« Si vous répondez une première fois, Iannic-ann-ôd franchit d’un bon la moitié de la distance qui le sépare de vous ; si vous répondez une deuxième fois, il franchit la moitié de cette moitié ; si vous répondez une troisième fois, il vous rompt le cou. »